Pourquoi mon désir sexuel (libido) a-t-il diminué?
Publié le 16 août 2026
Par Marie-Christine Dallaire, sexologue

Le désir sexuel fluctue naturellement selon de nombreux facteurs. Cette variation fait partie d’une vie sexuelle normale.
Il n’en demeure pas moins que l’absence prolongée de désir peut générer son lot de frustrations et de malentendus.
Contrairement à la libido, qui est purement biologique et orchestrée par des hormones comme la testostérone et les œstrogènes, nous avons un pouvoir sur le désir sexuel, cette motivation à aller vers une expérience intime. Ce pouvoir ne veut pas dire que l’on peut « forcer » l’apparition du désir, mais plutôt que l’on peut créer les conditions qui lui permettent de s’exprimer plus librement.
Cet article propose quelques pistes de compréhension pour mieux saisir ce qui influence le désir, ainsi que des réflexions pour mieux vivre ces périodes. Il s’adresse autant aux personnes vivant seules qu’en couple, puisque le désir sexuel demeure une dimension importante du rapport à soi, peu importe le contexte relationnel.
Qu’est-ce qui peut nuire à mon désir sexuel?
Facteurs individuels
Biologiques
Certains facteurs biologiques peuvent jouer un rôle central dans la régulation du désir. Par exemple, des changements hormonaux comme ceux vécus lors de la ménopause ou l’andropause peuvent modifier l’intensité du désir ressenti, sans que cela signifie une perte définitive.
Psychologiques
Plusieurs facteurs psychologiques peuvent également inhiber le désir sexuel, notamment :
- les symptômes dépressifs et anxieux;
- le stress;
- les traumatismes passés;
- une image corporelle négative.
Ces éléments peuvent nuire à la disponibilité psychologique nécessaire au plaisir dans l’intimité.
Facteurs contextuels
Les caractéristiques du contexte dans lequel une personne évolue peut également inhiber son désir sexuel, par exemple :
Relationnels
- les conflits non résolus;
- le manque de confiance en l’autre;
Circonstances de vie
- la charge mentale quotidienne;
Socioculturels
- les tabous;
- la pression sociale;
- l’éducation sexuelle répressive.
Si je n’ai plus de désir, est-ce que je suis brisé·e?
Quand le désir semble avoir disparu, c’est souvent parce que le contexte a changé et non parce que vous êtes « brisé·e ».
À retenir
Le désir spontané, celui qui surgit de manière imprévue, n’est qu’une des formes de désir sexuels possibles. Il existe aussi un désir réactif, qui émerge une fois le contexte déjà suffisamment érotique et perçu comme agréable. Aucune des deux formes n’est supérieure à l’autre.
Si je n’ai plus de désir, est-ce que je ne suis plus amoureux·euse?
Pas nécessairement. Le sentiment amoureux et le désir sexuel répondent à des logiques différentes.
Le sentiment amoureux prend racine dans l’attachement, nourri notamment par le sentiment de sécurité. Il peut exister pleinement sans viser le contact physique.
Le désir sexuel, quant à lui, prend racine dans diverses motivations, comme la quête de plaisir et peut se manifester indépendamment des sentiments amoureux.
C’est ce qui explique qu’un couple séparé ou en voie de séparation puisse encore ressentir des élans de désir l’un envers l’autre, tandis qu’un couple profondément amoureux peut traverser une période sans envie de contact sexuel, sans que cela n’enlève rien à la profondeur du lien.
À retenir
Il n’existe pas de « bonne » ou de « mauvaise » quantité de désir : chaque personne a ses propres besoins.
Ok, mais… le désir devrait se maintenir sans effort, non?
Le désir se cultive, un peu comme une plante que l’on arrose. Il est normal de faire des efforts pour l’entretenir et cela n’implique pas qu’il manque quoi que ce soit aux partenaires ou à la relation.
Ce n’est pas parce que la plante est malade qu’on l’arrose, mais simplement parce qu’elle a besoin d’attentions.
Quelques pistes pour en prendre soin :
- Communiquer au sujet de la sexualité;
- Maintenir un équilibre de vie et alléger le stress;
- Apprendre à se connaître (ex. préférences et limites);
- S’accorder du temps de qualité avec son·sa·ses partenaire·s.
En conclusion
Le désir sexuel fluctue en réponse à ce qui se passe dans nos vies.
Cultiver son désir implique davantage de prendre soin de son bien-être global que de multiplier les activités sexuelles. Cette démarche, propre à chaque personne et à chaque couple, gagne à être abordée avec patience et sans comparaison.
Quand consulter?
Si cette question occupe beaucoup d’espace dans votre esprit, devient émotionnellement exigeante, crée de la tension dans votre couple ou perturbe d’autres sphères de votre vie, n’hésitez pas à consulter.
Un·e médecin peut écarter ou traiter une cause physiologique. Un·e sexologue, quant à lui·elle, peut clarifier les autres dimensions en jeu et explorer des pistes adaptées, par exemple aider à comprendre l’origine des blocages rencontrés.
Et vous?
De quoi auriez-vous besoin pour que votre désir continue à s’épanouir avec le temps?